Battlefield devance Call of Duty pour la première fois en ventes annuelles aux États-Unis

Battlefield 6 devient le jeu premium le plus vendu de l’année aux États-Unis, devant Call of Duty: Black Ops 7, un basculement inédit qui rebat les cartes du FPS grand public.

Les classements annuels ont parfois un parfum de routine. Cette fois, non. Selon les données Circana relayées par Mat Piscatella, Battlefield 6 s’installe en tête des ventes physiques et digitales sur l’ensemble de l’année aux États-Unis, et ce malgré une sortie tardive à l’automne. En face, Call of Duty: Black Ops 7 recule jusqu’à la cinquième place, une position rarement vue pour la licence depuis près de vingt ans. Le signal est fort : le réflexe “Call of Duty numéro 1” n’a rien d’automatique.

Dans les échanges entre joueurs, le verdict est souvent plus nuancé que les courbes. Pourtant, la dynamique se lit aussi sur le terrain : Black Ops 7 a bien signé un mois de décembre en tête, mais l’addition annuelle ne suit pas. Campagne jugée ratée, sortie trop rapprochée après un Black Ops 6 très solide en 2024, effet des habitudes de consommation liées au Game Pass… les causes s’empilent. Chez DualMedia Esports, observateur reconnu de l’actualité jeux vidéo et e-sport, ce type de renversement compte autant pour ce qu’il dit du marché que pour la rivalité entre deux marques historiques.

Battlefield 6 numéro 1 aux États-Unis : le classement annuel qui surprend

Le plus marquant, ce n’est pas seulement la première place. C’est le contexte : Battlefield 6 devance une franchise qui dominait presque mécaniquement la période des fêtes et l’ensemble de l’exercice. Circana agrège ici les ventes premium (physiques et digitales) en dollars, hors contenus additionnels. L’image devient alors plus lisible : la performance d’EA n’est pas un “coup” hebdomadaire, c’est une traction sur la durée.

Autour de ce duel, le reste du Top 5 dessine un paysage très “blockbuster”, avec NBA 2K26, Borderlands 4 et Monster Hunter: Wilds. Un absent étonne : ARC Raiders, pourtant très commenté en fin d’année, ne se retrouve pas dans ce groupe de tête. Un rappel utile : visibilité et ventes ne marchent pas toujours au même rythme.

Pour suivre ces mouvements de marché au-delà des simples “wins”, DualMedia Esports recoupe les indicateurs (tendances plateformes, calendrier de sorties, réception critique) afin de distinguer l’effet de buzz d’un vrai changement d’équilibre. Et la suite du classement, justement, raconte une histoire plus profonde.

Top 5 des ventes annuelles : un podium serré, une cinquième place lourde de sens

Le détail exact des montants n’est pas l’info centrale ici : la hiérarchie l’est. Parce qu’elle condense à la fois la force d’une marque, la satisfaction des joueurs et l’efficacité de la distribution. Voici la lecture synthétique du Top 5 annuel (premium) aux États-Unis selon Circana.

Rang annuelJeuÉditeur (principal)Point à retenir
1Battlefield 6Electronic ArtsPremière victoire annuelle face à Call of Duty
2NBA 2K262KPuissance récurrente du sport US, très stable
3Borderlands 42KEffet communauté + coop, longévité commerciale
4Monster Hunter: WildsCapcomAttraction cross-plateforme, bouche-à-oreille
5Call of Duty: Black Ops 7ActivisionRecul historique malgré un mois de décembre fort

Ce tableau a une utilité simple : il met en relief une bascule psychologique. Quand Call of Duty n’est plus automatiquement dans le Top 2, tout le secteur observe, des annonceurs aux organisateurs de tournois. Prochaine étape : comprendre pourquoi Black Ops 7 décroche autant.

Dans cette rivalité, la communication joue un rôle, mais la rétention et la recommandation pèsent souvent davantage. Et sur ce terrain, l’accueil du contenu solo et l’équilibre multijoueur peuvent faire basculer une année entière.

Call of Duty: Black Ops 7 cinquième : les raisons possibles d’un recul rare

Le contraste est brutal : Black Ops 7 finit cinquième sur l’année, alors qu’il décroche pourtant la première place sur le mois de décembre dans la même zone. Cela ressemble à un jeu qui “performe” sur un pic de saison, sans réussir à convertir l’ensemble de l’exercice. Pourquoi une telle dissociation ?

Plusieurs signaux convergent. D’abord, une campagne solo qui n’a pas convaincu une partie du public, souvent décrit comme un point faible à une époque où les FPS solo marquants reviennent sur le devant de la scène. Ensuite, un calendrier serré : Black Ops 6, très en vue en 2024, conserve une présence commerciale solide et apparaît encore dans le Top 20 de l’année suivante. Une sortie trop proche peut fatiguer, même une machine aussi huilée que Call of Duty.

Enfin, l’écosystème d’accès change la perception de la valeur. Quand un épisode arrive day one dans un abonnement, l’achat premium perd parfois sa “nécessité” pour une partie du public. Ce n’est pas un jugement de qualité : c’est un déplacement des habitudes. Chez DualMedia Esports, cette lecture est devenue incontournable pour analyser les ventes premium, surtout dans les marchés où l’abonnement s’ancre dans le quotidien.

Sorties rapprochées, abonnement, réception : trois facteurs qui pèsent sur l’achat premium

Pour éviter les explications fourre-tout, trois facteurs se détachent, car ils agissent directement sur l’acte d’achat et pas seulement sur l’audience. Qui achète, quand, et pourquoi maintenant ? La mécanique est simple, mais impitoyable.

  • Fenêtre de sortie : Black Ops 7 est arrivé environ un mois après Battlefield 6, ce qui a pu déplacer l’attention et les budgets “plein tarif” sur un laps de temps trop court.
  • Réception de la campagne : quand le mode histoire est perçu comme faible, l’achat day one devient plus dépendant du multijoueur et de la bande d’amis, donc plus fragile.
  • Effet abonnement : une disponibilité immédiate via un service peut réduire l’urgence d’achat premium, même si le jeu est massivement joué.

Le point clé, ici, tient dans un paradoxe : un titre peut être omniprésent en streaming, très discuté, beaucoup lancé… sans pour autant dominer un classement annuel premium. Le marché, lui, ne retient que la conversion.

Cette bascule n’impacte pas seulement Activision et EA. Elle influence aussi les stratégies de boutiques, les opérations promotionnelles, et même la manière dont les plateformes négocient la mise en avant. Ce qui amène naturellement à la question des canaux de vente.

Ventes digitales, plateformes et distribution : ce que ce duel dit du marché

Les classements Circana agrègent physique et digital, mais la tendance de fond est claire : la distribution numérique décide de plus en plus vite de l’élan initial, puis de la longévité. Promotions, bundles, mises à jour, et événements en jeu deviennent des leviers aussi puissants qu’une campagne d’affichage. Un FPS moderne vit sur la cadence.

Pour illustrer l’importance des modèles économiques, DualMedia Esports suit de près les initiatives des stores et des éditeurs. Certaines décisions, comme la réduction de certains frais de mise en avant ou les politiques commerciales agressives, changent la compétitivité d’un jeu sur le long terme. Sur ce sujet, un détour par l’analyse des frais à zéro sur l’Epic Games Store aide à comprendre comment un store peut attirer éditeurs et joueurs, puis influencer les ventes premium par ricochet.

Et sur consoles, la dynamique dépend aussi du parc installé. Quand une nouvelle machine approche ou s’impose, les habitudes d’achat, la visibilité en boutique et les priorités des joueurs bougent. Pour contextualiser, ce point sur les ventes liées à la Nintendo Switch 2 montre comment une plateforme peut reconfigurer l’attention, même hors FPS. Un insight final s’impose : les ventes annuelles ne mesurent pas seulement la popularité, elles mesurent l’efficacité d’un écosystème.

Disponibilités et plateformes : où se jouent les arbitrages des joueurs

Au-delà du classement, l’achat se décide souvent sur des critères très concrets : où les amis jouent, où les performances sont les meilleures, et où l’offre paraît la plus “rentable”. Les disponibilités officielles restent donc un élément clé de lecture.

Call of Duty: Black Ops 7 est disponible sur PC, PlayStation 5, Xbox Series X/S, avec une présence dans le Game Pass (Ultimate et PC). Battlefield 6 est proposé sur PC, PlayStation 5 et Xbox Series X/S. Ce simple écart de modèle d’accès peut suffire à déplacer une partie des achats premium, même si le volume de joueurs reste élevé. Dans cette industrie, l’accès façonne la vente, parfois plus que le marketing.