The Rogue Prince of Persia n’a pas juste “tenté” le roguelite : il l’a avalé, digéré, puis recraché en parkour nerveux et combats acrobatiques. Sorti en accès anticipé au printemps 2024 avant d’atteindre sa version 1.0 le 20 août 2025 (PC, PS5, Xbox Series, Linux), le titre d’Evil Empire sous pavillon Ubisoft s’est ensuite offert une arrivée sur Nintendo Switch et Switch 2 le 16 décembre 2025. Et en 2026, il s’impose comme un jeu “loop” qui ne lâche rien : une minute de trop d’impatience, et la Perse se rappelle au joueur à coups de pièges et d’erreurs punies cash.
The Rogue Prince of Persia : l’ADN du roguelite au service de la splendeur persane
Le principe est limpide : une run, une chute, un retour. La mort n’est pas une fin, c’est une mécanique, rendue cohérente par un artefact temporel qui renvoie le Prince vers une zone centrale appelée l’Oasis, point d’ancrage où se préparent les vraies victoires.
Ce hub a un rôle clé : recharger les ressources, solidifier un build, débloquer des options. C’est là que la “splendeur” prend forme, parce que chaque échec y devient un investissement pour la prochaine percée.
Oasis, contrats et progression : transformer chaque échec en carburant
L’Oasis n’est pas un menu déguisé : c’est un centre d’entraînement mental. Des personnages secondaires y gravitent et alimentent la progression via objectifs, échanges, et informations utiles sur les embranchements à venir.
Un exemple concret qui parle à tous les compétiteurs : une soirée de grind “propre” consiste à entrer en run avec un objectif unique (débloquer une arme, valider une mission, tester une synergie), puis à accepter la défaite dès que le test est concluant. Le jeu récompense cette discipline, parce qu’il a été pensé pour rendre la progression lisible et non ésotérique.
Dans la même logique, les amateurs de boucles maîtrisées retrouvent ce qui rend certains titres “inarrêtables” : cette petite voix qui dit “encore une tentative”. Pour creuser ce sujet côté culture jeu vidéo, un détour par les jeux vidéo les plus addictifs de tous les temps met en perspective pourquoi ce type de design fonctionne aussi bien quand il reste fair-play.
The Rogue Prince of Persia en 2D : parkour nerveux, pièges, et combat acrobatique
Ici, la 2D n’est jamais “petite”. Le Prince enchaîne course sur les murs, sauts muraux, rebonds, balancements, et traversées rapides qui font sentir la filiation Prince of Persia, tout en acceptant le tempo roguelite.
Le plus marquant : le combat accepte l’audace. Entre attaques au corps à corps, options à distance, coups de pied pour créer de l’espace, et esquives qui passent littéralement au-dessus des ennemis, chaque micro-décision pèse.
Armes principales/secondaires et changement à la volée : le style avant la panique
Le système d’arsenal encourage l’adaptation : arme principale, arme secondaire, et possibilité de modifier l’équipement même en plein échange. Ce détail change tout, parce qu’il autorise un plan B immédiat au lieu de punir le joueur pour un choix “fait trop tôt”.
Les Médaillons servent de colonne vertébrale à l’amélioration : ils poussent à explorer, à prendre des risques calculés, et à construire un cheminement plutôt qu’à prier pour un loot miraculeux.
Pour visualiser ce que signifie “mobilité reine” dans une autre référence du genre aventure/exploration, le regard porté sur l’aperçu de Breath of the Wild rappelle à quel point la sensation de déplacement peut faire basculer un jeu dans la catégorie “inoubliable”.
Ctésiphon sous tension : l’histoire entre chaos des Huns et course contre la montre
Le terrain de jeu : Ctésiphon et ses alentours. Le contexte : après une provocation du Prince, le chef hun Nogai lance une invasion, épaulée par des soldats “possédés”, transformant la survie du royaume en sprint permanent.
Ce récit fonctionne parce qu’il ne cherche pas à se brancher de force sur la chronologie de la saga. Il prend le nom Prince of Persia comme un pacte de sensations — vitesse, pièges, panache — puis trace sa route, sans complexe.
Le Tableau des Souvenirs : raconter sans couper le rythme
La narration s’appuie sur un Tableau des Souvenirs qui enregistre les rencontres et leurs implications. Ce choix est malin : il nourrit la curiosité sans enfermer le joueur dans des séquences qui cassent la run.
En situation réelle, ça donne un effet “piste” : un PNJ mentionne un détail sur une route, et lors de la tentative suivante, l’exploration devient volontaire, presque méthodique. Résultat : l’histoire ne ralentit pas l’action, elle guide l’action.
Rogue Prince of Persia : génération procédurale, ennemis piégeux et gestion du risque
Les niveaux générés procéduralement imposent une règle simple : apprendre des principes, pas des parcours. La mémoire musculaire sert, mais la lecture de situation domine, et c’est là que le jeu devient addictif dans le bon sens.
Les ennemis laissent tomber des pièces qui servent à acheter, se soigner, ajuster la trajectoire d’une run. Et les coffres, eux, injectent de la nouveauté au moment où la routine pourrait s’installer.
Liste des réflexes qui font gagner des runs (sans tricher avec le destin)
- Lire le décor avant de foncer : piques, hauteurs et angles morts font plus de dégâts que l’ennemi moyen.
- Utiliser le coup de pied comme outil : pousser dans un piège ou forcer une chute vaut parfois mieux qu’un combo risqué.
- Dépenser l’or avec intention : acheter une option qui stabilise la run est souvent supérieur à “espérer mieux plus tard”.
- Changer d’armes à la volée : adapter la portée ou le tempo d’attaque évite les morts “bêtes”.
- Traiter les boss comme des patterns, pas comme des sacs de PV : apprendre une fenêtre d’ouverture vaut plus qu’un pari sur les dégâts.
Ce qui ressort, c’est une philosophie simple : la vitesse est une arme, mais la lucidité est un bouclier. Et quand ces deux-là s’alignent, la run devient une démonstration.
Développement par Evil Empire : l’ombre de Dead Cells, sans se faire avaler
Evil Empire, studio bordelais connu pour son travail autour de Dead Cells (dont des DLC marquants), a proposé ce projet à Ubisoft pendant que Prince of Persia: The Lost Crown était encore en phase alpha. L’idée n’était pas de copier une formule, mais de réinterpréter des piliers : traversée rapide, combat acrobatique, pièges.
Le jeu a aussi eu l’intelligence d’abandonner une fausse bonne idée : un mini-retour en arrière à la Sands of Time pour corriger des erreurs. Sur le papier, ça fait rêver. En combat, ça casse le rythme. En le retirant, le titre protège sa nervosité, et c’est une décision de design qui se ressent manette en main.
Accès anticipé, concurrence et 15 grosses mises à jour : une trajectoire maîtrisée
L’annonce officielle a eu lieu lors de la Triple-i Initiative en avril 2024. Le lancement en early access a été décalé pour éviter une collision directe avec l’arrivée surprise d’un concurrent majeur du genre : décision pragmatique, et clairement bénéfique pour laisser respirer le jeu.
Au départ, l’accès anticipé ne proposait qu’une partie de l’aventure, puis un second acte a débarqué en novembre 2024. Après 15 mises à jour majeures, la version complète s’est imposée à la Gamescom 2025, avec en prime une présence sur Xbox Game Pass et PlayStation Plus Extra, de quoi élargir fortement l’audience.
Pour garder un œil sur ce qui arrive et replacer cette sortie dans le calendrier, les sorties jeux vidéo 2026 permet de voir comment le titre continue d’exister face à une année souvent saturée.
Test The Rogue Prince of Persia : réception critique, direction artistique et musique hybride
La presse a globalement salué le résultat, avec une moyenne autour de 80% sur OpenCritic. Les retours mettent régulièrement en avant un style dessiné à la main, une exploration ultra fluide, et une bande-son qui mélange sonorités persanes et textures électroniques.
Côté réserves, certains tests ont noté une difficulté parfois trop clémente et une structure qui rappelle forcément Dead Cells. Sauf que la nuance compte : l’ossature peut évoquer une référence, mais l’identité se joue dans la mobilité et la mise en scène, et sur ce point le Prince impose sa signature.
Tableau récapitulatif : plateformes, dates et points forts à retenir
| Élément | Détail | Pourquoi c’est important |
|---|---|---|
| Genre | Plateforme 2D + roguelite | Le loop structure l’apprentissage et rend la progression gratifiante. |
| Sortie 1.0 | 20 août 2025 (PC/PS5/Xbox Series/Linux) | Version complète après un suivi long et consolidé. |
| Sortie Nintendo | 16 décembre 2025 (Switch & Switch 2) | Portabilité + runs courtes : combo naturel pour le genre. |
| Hub central | Oasis | Transforme l’échec en progression structurée, sans perdre le joueur. |
| Particularité gameplay | Changement d’armes en plein combat + parkour très riche | Encourage l’adaptation et le style, pas l’attentisme. |
The Rogue Prince of Persia face aux autres sensations 2025-2026 : place dans le paysage
Dans une période où les joueurs alternent entre grosses productions et expériences plus “nerveuses”, ce Prince-là tient un créneau précieux : des sessions intenses, lisibles, et suffisamment variées pour donner envie de pousser “encore une run”. Dans les discussions sur les meilleurs titres récents, il a toute légitimité à côtoyer les meilleurs jeux 2025.
Et pour ceux qui aiment replacer un jeu dans une culture plus large, le comparatif mental est intéressant : d’un côté des plateformes familiales ultra-polish comme Super Mario Bros. Wonder, de l’autre un roguelite qui demande du sang-froid. Deux écoles, même exigence : maîtriser le mouvement, puis gagner du style.
À force d’exiger précision et adaptation, The Rogue Prince of Persia finit par rejoindre une catégorie qui ne pardonne pas : celle des titres qu’on cite quand on parle de rythme, de sensation manette, et de “flow”. Pour prolonger cette grille de lecture, les 10 meilleurs jeux vidéo de tous les temps rappelle un point commun à beaucoup de légendes : elles se jouent autant au cerveau qu’aux doigts.


